Suite à une déception amoureuse, Mark Zuckerberg, étudiant de 19 ans à Harvard, pirata le code du réseau de son école pour récupérer les photos des trombinoscopes et créer Facemash, un prototype du futur réseau social. Une initiative qui créa des remous, et deux jours plus tard, sous la pression des étudiants, le site fut fermé. Mais Mark, inspiré, lança par la suite ‘Thefacebook’ le 4 février 2004, une page permettant à ses camarades de Harvard de partager leurs informations et se connecter entre amis.
La popularité de ce nouveau réseau explosa : en 24 heures, 1200 étudiants s'inscrivirent, et en un mois, la moitié des étudiants de Harvard était inscrite. Rapidement, ce réseau s'étendit à d'autres universités.
L’aventure de Facebook, devenu le plus grand réseau social du monde, s’accélère avec l'arrivée de Sean Parker, ancien fondateur de Napster. En 2008, Facebook devient le premier réseau social au monde valorisé à hauteur de 15 milliards de dollars, accueillant plus de 100 millions d’utilisateurs.
L’histoire relatée dans ‘The Social Network’ est bien réelle, en effet la genèse du projet Facebook fut le fruit d’une collaboration avec les jumeaux Tyler et Cameron Winklevoss, des champions d’aviron eux aussi étudiants à Harvard tout comme leur associé Divya Narendra.
En décembre ils travaillent avec Mark Zuckerberg sur un projet de réseau social pour les étudiants de Harvard lorsque ce dernier leur fait faux bond pour créer son propre site en solo et déposer le nom de domaine ‘thefacebook.com’ en janvier 2004.
Depuis, les trois ex-collaborateurs qui s’estimaient lésés ont été dédommagés à hauteur de 20 millions de dollars en numéraire, et 45 millions de dollars en actions Facebook, sur la base d’une estimation à 36 dollars par action, lors d’un accord confidentiel conclu en 2009 pour solder les poursuites.
Malgré cet accord d’autres procès ont été intentés par les frères Winklevoss qui estimaient avoir été lésés et réclamaient plus d’argent. Sans succès.
Facebook s’est construit sur une idée très simple, le partage et la connexion avec nos amis et les gens qui nous sont proches. Mark Zuckerberg déclarait d’ailleurs à ce propos, « si les gens partagent plus, le monde deviendra plus ouvert et plus connecté. Et un monde qui est plus ouvert et plus connecté est un monde meilleur ».
Le réseau social rapproche-t-il réellement les gens ? En tout cas, il est très vite adopté par la majorité. Si certains l’utilisent pour y mettre leurs photos de vacances ou de leurs petits déjeuners, d’autres s’appuient dessus pour arriver à leurs fins, comme Barack Obama en 2008 qui en fera un outil indispensable de sa campagne.
Les chiffres sont éloquents, plus d’un utilisateur d’Internet sur deux possède un compte Facebook, poster sur le réseau social est un moyen simple et efficace de voir certaines informations se diffuser à travers le monde en un claquement de doigts.
Cette décision restera l’un des faits d’armes de Mark Zuckerberg. En 2006, le groupe Yahoo !, ex-fleuron du web des années 1990, flaire l’opportunité et propose de racheter Facebook, qui génère alors à peine 20 millions de revenus, pour 1 milliard de dollars.
Sur de lui et de sa création, le jeune homme va dire non à cette offre faramineuse de Yahoo !
Ce qui pourrait s’apparenter à une décision incompréhensible se transforme en coup de génie. Deux ans plus tard, à l’été 2008, Facebook passe le cap symbolique des 100 millions de membres et devient en janvier 2011 la première start-up au monde à atteindre la barre des 50 milliards de dollars de valorisation, étourdissant.
Mark Zuckerberg surfe sur la vague de succès de son réseau social pour en acquérir progressivement d’autres. En avril 2012 il réalise le plus gros investissement de son histoire en rachetant Instagram, application de partage de photos lancée un an et demi plus tôt, pour 1 milliard de dollars.
Quelques mois plus tard, le groupe lance de nouveaux formats publicitaires destinés à l’usage mobile, un véritable filon qui va propulser le groupe au sommet de Wall Street.
En février 2014, fort de son entrée en bourse fracassante et de son inexorable ascension, Facebook rachète WhatsApp pour 22 milliards de dollars. Un coup de maître qui permet au groupe de posséder trois des plus grands réseaux sociaux au monde.
Cette histoire fascinante inspire David Fincher qui réalise en 2010 ‘The Social Network’, film qui reprend l’épopée de Mark Zuckerberg, pas épargné par le réalisateur américain qui tente de se rapprocher au plus près de la réalité.
La même année Facebook connaît un premier échec avec le lancement de sa messagerie électronique ‘@facebook.com’ censée concurrencer ‘gmail’ et ‘hotmail’, mais qui ne prendra jamais vraiment.
Pas de quoi décourager le groupe qui deux ans plus tard, en 2012, fait une entrée fracassante en Bourse, la deuxième plus grande américaine après Visa avec une valorisation du réseau estimée à 104 milliards de dollars. Lors de cette opération le groupe réussira à lever 16 milliards de dollars.
Facebook n'est pas une entreprise qui se repose sur ses lauriers. Elle a continuellement évolué, ajoutant de nouvelles fonctionnalités et acquérant des entreprises innovantes.
Les pages de marques et de personnalités sont désormais certifiées et quelques mois plus tard, l’application Facebook Mentions leur permet d’accéder à de nouvelles fonctionnalités.
L’année suivante Facebook rachète la société Branch Média qui se spécialise dans la curation et le partage de contenu avant d’en faire de même avec Oculus Vr pour 3 milliards de dollars puis lance Slingshot, un partage de photos censé concurrencer Snapchat.
Dans la foulée, Rooms voit le jour sur les appareils mobiles afin de lancer des forums de discussions et l’application Moments qui sert à partager ses photos dans la sphère privée.
En 2015 Facebook permet de créer des petites vidéos de 7 secondes à la place des photos de profils et Facebook at work, réseau social d’entreprise à l’accès gratuit mais aux fonctionnalités payantes devient Workplace en octobre 2016.
En mars 2015 Facebook lance un grand chantier de refonte de Messenger afin d’en faire une véritable plate-forme où toute la vie numérique pourra être centralisée. En parallèle le groupe continue son ascension avec des chiffres qui donnent le vertige, lors de l’été 2017 Facebook devient le premier réseau social au monde à dépasser la barre des 2 milliards d’utilisateurs tous les mois. En janvier 2018 c’est WhatsApp qui atteint le cap du 1,5 milliard d’utilisateurs actifs mensuels juste avant qu’Instagram n’atteigne à son tour le milliard. A cette époque Facebook ne touche plus le sol et ne se prive pas de le faire savoir, « en tout, nous estimons que 2,7 milliards de personnes utilisent Facebook, Instagram, WhatsApp ou Messenger tous les mois ».
En 2016 les utilisateurs ont enfin à leur disposition d’autres boutons de réactions. Au lieu du simple ‘J’aime’ parfois difficile à poster, chacun peut mettre ‘j’adore, ‘haha’, ‘Wouah’, ‘Triste’, ‘Grrrrr’ et même ‘merci’ quelques mois plus tard.
Au-delà de ces détails qui plaisent aux internautes, Facebook travaille main dans la main avec Google pour créer un câble sous-marin de Virginia Beach (Etats-Unis) à Bilbao (Espagne) pour accélérer la vitesse d’accès aux services proposés.
En 2017 le réseau social tente de s’impliquer dans la lutte contre les suicides en lançant un programme informatique censé détecter les messages suicidaires.
Facebook, sous la direction de Zuckerberg, a toujours cherché à se diversifier, allant même jusqu'à travailler avec Google sur des projets d'infrastructure internet.
En juillet 2018 la capitalisation boursière de Facebook atteint 630 milliards de dollars à Wall Street, soit 630 fois l’offre faite par Yahoo ! 12 ans plus tôt. En 2019 le groupe génère pour la première fois plus de 50 milliards de dollars de revenus, un nouveau cap symbolique.
Deux ans plus tard, en octobre 2021, Mark Zuckerberg tient une grande conférence de presse pour annoncer que Facebook serait désormais Meta. Un changement de nom salutaire pour le réseau social le plus populaire de la planète qui traversait diverses crises suite à la divulgation de documents par une ancienne employée mettant au jour les difficultés de la société à résoudre ses problèmes structurels.
À l'époque, son patron préfère regarder devant lui avec le métavers, cet univers parallèle virtuel sur lequel Facebook mise alors énormément, en venant d'annoncer la création de 10.000 emplois en Europe pour le développer. Basé notamment sur des casques de réalité virtuelle, ce métavers devait permettre de suivre une réunion entre collègues depuis un bureau reconstitué numériquement à l'identique. Un pari sur lequel l'entreprise reviendra en partie quelques années plus tard, en réorientant l'essentiel de ses investissements vers l'intelligence artificielle (voir plus bas).
Un pari pas encore payant puisqu'au second trimestre 2022 le groupe Meta enregistrait une diminution de 1 % de ses revenus en un an, passant de 29,1 milliards de dollars à la même époque en 2021 à 28,8 milliards de dollars. Simple coup de mou ou véritable signe avant-coureur ? Cette baisse, même minime, restait alors historique pour un groupe qui n'avait connu que l'ascension, et elle allait s'aggraver avant que Meta ne retrouve, quelques mois plus tard, le chemin de la croissance.
L'année 2022 restera la pire de l'histoire boursière de Meta : ralentissement du marché publicitaire, effet des nouvelles règles de confidentialité d'Apple (qui privent Facebook et Instagram d'une grande partie du ciblage publicitaire) et concurrence frontale de TikTok font chuter le titre d'environ 64 % sur l'année, pendant que le groupe continue d'investir massivement dans le métavers via sa division Reality Labs, largement déficitaire.
En novembre 2022, Mark Zuckerberg annonce les premiers licenciements de masse de l'histoire de l'entreprise : 11 000 postes supprimés, soit 13 % des effectifs. Visiblement affecté, il reconnaît avoir mal anticipé le retour à la normale post-pandémie et surestimé la croissance du commerce en ligne.
Ce n'est qu'un début : en 2023, Zuckerberg proclame « l'année de l'efficacité » (Year of Efficiency), avec un nouveau plan de 10 000 suppressions de postes supplémentaires, un gel des embauches et un aplatissement des strates managériales. Au total, ce sont environ 25 000 emplois qui auront été supprimés chez Meta entre fin 2022 et 2023.
Le 5 juillet 2023, Meta lance Threads, un réseau social textuel calqué sur Twitter (devenu X). Le succès est immédiat et spectaculaire : 100 millions d'inscrits en 5 jours, un record d'adoption qui dépasse même celui de ChatGPT. L'engagement retombe toutefois très vite : dès la fin juillet, les utilisateurs actifs quotidiens chutent de plus de 80 %, avant que l'application ne reparte progressivement à la hausse les années suivantes.
En parallèle, Meta amorce son grand virage vers l'intelligence artificielle : Llama 2, son modèle de langage en libre accès, est publié en juillet 2023, plaçant le groupe parmi les tout premiers acteurs de l'IA open-source, face à des concurrents plus fermés comme OpenAI. Le groupe lance aussi, en octobre 2023, les lunettes connectées Ray-Ban Meta, fruit d'un partenariat avec EssilorLuxottica.
Le 1er février 2024, les efforts de « l'année de l'efficacité » portent enfin leurs fruits aux yeux de Wall Street : à l'annonce de résultats trimestriels record, l'action Meta bondit de 20 % en une seule séance, un gain de 196 milliards de dollars de capitalisation en une journée, un record absolu à Wall Street à l'époque. Le groupe annonce dans la foulée son tout premier dividende de son histoire, et sa capitalisation boursière franchit pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars, six ans après le pic de 630 milliards de 2018.
Les paris de 2023 continuent de porter leurs fruits : Threads franchit les 100 millions d'utilisateurs actifs quotidiens fin 2024, les 275 millions d'utilisateurs mensuels en novembre 2024, puis les 400 millions en août 2025. En janvier 2026, l'application dépasse même X en nombre d'utilisateurs mobiles quotidiens (143 millions contre 125 millions). De leur côté, les lunettes Ray-Ban Meta rencontrent un succès croissant : environ 1 million d'exemplaires vendus fin 2024, un volume qui triple en 2025 pour atteindre près de 7 millions d'unités.
La croissance ne se fait pourtant pas sans à-coups sur le plan social : début 2025, Meta supprime environ 3 600 postes supplémentaires (5 % des effectifs), officiellement pour se séparer des « bas performeurs », une justification contestée par plusieurs salariés licenciés. De nouvelles vagues touchent la division Reality Labs (métavers) début puis fin 2026.
Sur le plan réglementaire, la Commission européenne inflige à Meta, en avril 2025, une amende de 200 millions d'euros au titre du Digital Markets Act, jugeant que son modèle « payer ou consentir » (« pay or consent »), qui propose aux utilisateurs de payer pour éviter le croisement de leurs données publicitaires entre Facebook, Instagram et WhatsApp, ne leur offre pas de choix réellement libre.
Le 30 juin 2025, Meta officialise la création de Meta Superintelligence Labs (MSL), une nouvelle division dédiée à la course à l'intelligence artificielle générale. Mark Zuckerberg recrute personnellement Alexandr Wang, fondateur de Scale AI (dans laquelle Meta investit 14,3 milliards de dollars), comme Chief AI Officer, entouré de Nat Friedman (ex-CEO de GitHub) et Daniel Gross. Pour débaucher des chercheurs chez OpenAI et Google, l'entreprise propose des packages de rémunération pouvant atteindre 100 millions de dollars.
Le 18 novembre 2025, Meta remporte une victoire judiciaire majeure : le juge fédéral James Boasberg rejette la plainte antitrust de la FTC (Federal Trade Commission), qui accusait le groupe d'avoir racheté Instagram et WhatsApp pour étouffer la concurrence et réclamait leur scission. Le juge estime que le paysage concurrentiel a profondément changé depuis le dépôt de plainte cinq ans plus tôt, TikTok étant devenu « le rival le plus féroce » de Meta. La FTC évoque la possibilité de faire appel.
Sur le plan financier, Meta clôture l'année 2025 avec un chiffre d'affaires de 200,97 milliards de dollars (+22 % sur un an) pour un bénéfice net de 60,46 milliards de dollars, et des dépenses d'investissement (capex) de 72,22 milliards de dollars, essentiellement liées à l'infrastructure IA. Pour 2026, le groupe annonce une enveloppe capex de 115 à 135 milliards de dollars, en grande partie destinée à Meta Superintelligence Labs. En avril 2026, MSL publie Muse Spark, son premier modèle propriétaire depuis la création de la division.
Résultat de cette séquence : au 20 juillet 2026, la capitalisation boursière de Meta atteint environ 1 700 milliards de dollars, soit près de trois fois le pic de 630 milliards de dollars de 2018, qui semblait alors indépassable. De Facemash à la course à la superintelligence artificielle, le chemin parcouru par Facebook, devenu Meta, reste unique dans l'histoire de la tech.
Layoffs / Year of Efficiency : https://fortune.com/2026/03/27/mark-zuckerberg-meta-layoffs-metaverse-reality-labs-year-of-efficiency-tech-ai/
Layoffs / contexte 2026 : https://www.cnbc.com/2026/05/18/metas-layoffs-starting-this-week-underscore-zuckerbergs-ai-reality-.html
Threads, lancement et stats : https://en.wikipedia.org/wiki/Threads_(social_network)
Threads, 150M DAU et options publicitaires : https://www.socialmediatoday.com/news/threads-reaches-150-million-daily-users-more-ad-options/804213/
Ray-Ban Meta, ventes 2025 (x3, environ 7M) : https://roadtovr.com/meta-ray-ban-smart-glasses-sales-tripled-2025/
Ray-Ban Meta, 1M ventes 2024 : https://www.visiofactory.com/en/blog/one-million-smart-glasses-ray-ban-meta
Résultats financiers Meta FY2025 : https://investor.atmeta.com/investor-news/press-release-details/2026/Meta-Reports-Fourth-Quarter-and-Full-Year-2025-Results/default.aspx
Capitalisation boursière (juillet 2026) : https://www.macrotrends.net/stocks/charts/META/meta-platforms/market-cap
Février 2024, record Wall Street, 1er dividende : https://www.cnbc.com/2024/02/02/meta-shares-surge-17percent-as-investors-cheer-first-ever-dividend.html
Procès antitrust FTC, victoire de Meta : https://www.npr.org/2025/11/18/nx-s1-5495626/meta-ftc-instagram-whatsapp-antitrust-ruling
Amende DMA (200M€, avril 2025) : https://www.taylorwessing.com/en/insights-and-events/insights/2025/04/meta-fined-200-million-euro-by-eu-under-digital-markets-act
Meta Superintelligence Labs : https://en.wikipedia.org/wiki/Meta_Superintelligence_Labs

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